Le Groupe Cegos a dévoilé le 23 juin les résultats de son baromètre 2015 de la formation professionnelle en Europe.

Pour cette nouvelle édition du baromètre Cegos sur la formation, 600 Directeurs des ressources humaines (DRH) / Responsables formation (RF) et 2 500 salariés (tous ayant bénéficié d’une action de formation) ont été interrogés dans 5 pays d’Europe (France, Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne, Italie).

Le constat est amer : si les salariés interrogés se disent majoritairement satisfaits des formations suivies, la politique formation des entreprises semble toujours manquer de hauteur stratégique.

L’amélioration de l’administration de la formation est ainsi pointée comme la priorité n°1 des DRH et RF européens, tandis que 32 % estiment que le développement de leur rôle de conseil auprès de l’encadrement ne constitue pas une priorité. De même, l’évaluation et la mesure du retour sur investissement de la formation sont citées en dernier (près du tiers des répondants disent même que « ce n’est pas une priorité »).

En matière d’évaluation, les pratiques tendent même à reculer : seuls 39 % des salariés disent avoir été sollicités pour donner leur avis sur le degré de satisfaction (contre 43 % en 2011), tandis que les acquis de formation ont été évalués pour à peine 26 % des salariés (contre 32 % en 2011).

Autre faiblesse concernant la place occupée par la formation dans les entreprises : les salariés se sentent clairement peu accompagnés dans leurs formations, contrairement à ce que déclarent les DRH et RF. Seuls 22 % des salariés (28 % des DRH/RF) disent être « systématiquement » accompagnés par leurs managers avant la formation pour en préciser les objectifs, et 18 % (25 %) seulement au retour de la formation pour décider d’un plan de mise en œuvre des connaissances acquises.

En France, une attitude prudente vis à vis de la réforme de la formation

Le regard porté par les DRH/RF et les salariés français sur la réforme de la formation professionnelle et ses impacts est teinté d’un optimisme prudent. Ainsi, pour près d’un DRH/RF sur 2, la réforme du financement de la formation aura pour effet le plus certain de développer la formation interne.

Concernant le Compte personnel de formation (CPF), seuls 23 % des salariés pensent qu’il contribuera  « très certainement » au maintien de l’employabilité des salariés les plus fragiles dans leur entreprise, et 37 %, qu’il sera un levier de qualification des salariés. Par ailleurs, la prise en main par les salariés du CPF est timide : 51 % des salariés français savent qu’ils doivent créer eux-mêmes leur CPF sur Internet et parmi eux, 23 % disent l’avoir déjà fait.

Parallèlement, et c’est une tendance de long terme, de moins en moins de salariés français sont prêts à co-investir dans la formation et à se former hors temps de travail.

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